Brexit, çà veut dire Brexit !

Nous ne pouvions trouver un meilleur jour qu’aujourd’hui pour avoir notre « dialogue franco-anglais » trimestriel : au cours de cette réunion régulière, alternativement organisée à Paris et à Londres, nous échangeons nos points de vue sur nos intérêts communs dans une atmosphère conviviale. Autour de la table : les pouvoirs publics, les associations professionnelles, les assureurs, les banques de nos deux pays…

Hier, dans un discours très attendu, le premier ministre Theresa May a confirmé plus clairement que jamais que «Brexit, ça veut dire Brexit» et pas autre chose : la Grande-Bretagne se dirige donc vers une rupture complète avec l’Union Européenne, ce qui implique de quitter le marché unique, afin notamment d’avoir le plein contrôle sur ses flux migratoires.

Dans une économie basée sur les services, qui a besoin d’importer des talents, c’est évidemment une décision stupide. L’idée même d’organiser un tel referendum, et la réponse qui y ont apporté les Britanniques étaient de toute façon déjà stupides à la base : au final, le résultat est donc tout à fait logique.

Le paysage est cependant maintenant beaucoup plus clair : énonçant les 12 priorités de son gouvernement dans la perspective des négociations décisives qui s’ouvrent avec l’UE à 27, Theresa May a clairement fait savoir que le Royaume-Uni :

  • souhaitait reprendre le contrôle de ses frontières, arguant que les niveaux records de migration de ces dernières années avaient «fait pression sur les services publics»;
  • ne serait plus sous la juridiction de la Cour de justice européenne de Luxembourg, parce que «nous n’aurons pas vraiment quitté l’Union européenne si nous ne contrôlons pas nos propres lois», a-t-elle déclaré;
  • allait exclure explicitement l’adhésion au marché unique de l’UE parce que « cela est incompatible avec les contrôles migratoires;
  • n’allait pas rester dans l’Union douanière, mais essayer de conclure un accord distinct en tant que «membre associé» afin de faire des transactions «avec le moins de frictions possibles»;
  • ne serait pas tenu de «verser des sommes énormes au budget de l’UE», mais simplement de payer des programmes spécifiques;
  • et le dernier, mais non le moindre, chercherait un « nouvel accord de libre-échange global, audacieux et ambitieux » avec l’UE et établirait des relations commerciales avec des pays au-delà de l’Europe dans le cadre d’une « stratégie commerciale globale de la Grande-Bretagne ».

La Grande-Bretagne se dirige ainsi vers ce que les analystes appellent un Brexit « dur ».

Mais qu’on le veuille ou non, la Grande-Bretagne est et restera quoiqu’il arrive un pays européen, avec lequel nous avons forgé des liens indéfectibles au cours des deux guerres mondiales.

C’est pourquoi laissez moi répéter modestement, encore et toujours, comme je l’avais dit dans un ancien post LinkedIn: «Laissons nos émotions respectives de côté et parlons. C’est dans notre intérêt commun… parlons!»

Bonne journée à tous !


Iconographie : Ambassade de Grande Bretagne à Paris, France, 17 Janvier 2017, collection personnelle. Post publié à l’origine en anglais sur LinkedIn.


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