Choisissons notre alimentation

Je me méfie des réseaux sociaux.

Le format court, l’instantanéité, une certaine anonymisation y empêchent l’analyse, la distanciation, l’écoute …

Pourtant, quelquefois, un échange naît, dont on sort enrichi.

Hier, j’ai posté sur LinkedIn une video d’Emmanuel Faber, son speech devant les étudiants d’HEC de 2016. J’ai toujours trouvé ce personnage « inspirant » (même si c’est le mot valise insupportable du moment…).

Évidemment, mon post était teinté d’émotion, du fait de son éviction la veille de la Présidence de Danone. Et je m’en suis pris à l’action des fonds activistes, ce qui au fond, était peut-être se tromper d’adversaire. Je les accusais de « short-termisme », ce qui n’est peut-être pas justifié.

J’ai eu plusieurs réactions critiques de mon post (dont je reconnais bien volontiers encore une fois qu’il avait été écrit sous l’emprise de l’émotion).

Elles étaient courtoises, argumentées, rationnelles, intelligentes. C’est l’avantage de LinkedIn.

Mais tellement décalées au fond avec la perception que la plupart des personnes que je côtoie ont de la crise que nous vivons !

Sur une planète qui a largement dépassé les 8 milliards d’habitants, l’enjeu de l’alimentation est clé. Il l’est d’autant plus que la question climatique lui est étroitement correlée. Même si cela n’a pas encore été documenté scientifiquement, le lien entre la crise de la biodiversité et la propagation à l’espèce humaine du SARS-Cov2 est très probable. De façon plus générale, les scientifiques nous alertent sur l’aggravation tous azimuts de la crise écologique (climat, environnement, santé).

Depuis plus de deux siècles, la pensée économique dominante a fait l’impasse sur l’épuisement des ressources et autres externalités négatives nées de notre formidable développement. Les « classiques », puis leurs héritiers n’ont pas su penser ce sujet. Ce ne sont pas les pauvres analyses de William Nordhaus, qui actualisent les dommages futurs à un taux qui en annule tout effet aujourd’hui qui risquent de nous faire avancer.

Que des banquiers demeurent dans le déni, pris au piège qu’ils sont par la part systémique dans leurs bilans d’actifs carbonés, on peut le concevoir. Mais que des financiers délestés du poids d’un legacy comparable puissent encore défendre aujourd’hui certaines théories est en fait consternant.

Non les marchés ne sont pas efficients et ne permettront pas de gérer la transition sans casse. Sinon, comment explique t’on qu’en pleine crise du SARS-Cov2, et alors que la crise climatique et environnementale est de de plus en plus prégnante, les indices boursiers américains soient au plus haut ?

Quant à la « démocratie actionnariale », il suffit de se rendre dans une Assemblée Générale annuelle d’une boîte du CAC40 pour s’en amuser …

Alors je conviens ne pas tout connaître des enjeux de Danone. Mais puisqu’on nous parle de « démocratie », prenons la page d’accueil du site de Danone au mot : « en choisissant notre alimentation, nous votons pour le monde dans lequel nous souhaitons vivre ».

Et consommons en responsabilité !


Iconographie : Panier de légumes, Erlangen, Germany, © Markus Spiske / page d’accueil du site de Danone © Danone


« Think before you print ! »
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