« Le Génie du Christianisme »

Demain dimanche, et pour les trois premiers dimanches de l’Avent, la « jauge » pour assister à la messe est fixée à 30 personnes. A partir du 15 décembre, elle sera déterminée au prorata des surfaces …

Cette décision, l’une des plus burlesques qui aient été prises ces derniers temps – et pourtant, nous n’en manquions pas – est symptomatique du degré de dysfonctionnement de l’Etat depuis quelques semaines :

  • Elle est d’abord absurde. L’idée d’une jauge indifférente à la surface des lieux considérés défie le bon sens. Plus encore quand on sait qu’elle deviendra proportionnelle après le troisième dimanche de l’Avent. Un « miracle » à l’approche de Noël qui ferait redécouvrir la règle de trois à nos gouvernants ?
  • Elle est ensuite infondée. L’affirmation jeudi du Premier ministre selon laquelle « Les lieux de culte ont été, en France comme ailleurs, des lieux de contamination » est fausse, on le sait
  • Elle ne sera enfin pas respectée, la plupart des évêques de France ayant appelé à ne pas l’appliquer.

Dans une Tribune publiée hier sur le site catholique Aleteia, François Huguenin suggère à son lectorat de se poser deux questions simples : face à telle mesure abusive, est-ce que notre liberté́ religieuse est profondément niée ou superficiellement bafouée ? Est-ce que la paix et la concorde sont en péril ou simplement mises à mal ?

Et il conclue avec une forme d’évidence – même si on n’aurait pas détesté une prise de position – qu’à ces questions, les chrétiens n’auront peut-être pas les mêmes réponses.

Dans la préface de la première édition de son « Génie du Christianisme », Chateaubriand a cette belle profession de foi : « Je suis devenu chrétien. Je n’ai point cédé, je l’avoue, à de grandes lumières surnaturelles ; ma conviction est sortie de mon cœur : j’ai pleuré et j’ai cru ».

Écrit depuis son exil en Angleterre durant les dernières années du XVIIIème siècle, l’œuvre a été publiée en France en 1802. Chateaubriand y entreprenait de défendre la sagesse et la beauté de la religion chrétienne, affectée par la philosophie des Lumières puis la tourmente révolutionnaire.

Si la laïcité, c’est la liberté de croire ou de ne pas croire, pourquoi ne pas porter le plus profond respect à ceux qui croient à la beauté de leur foi, au lieu de les renvoyer à ce qui ne serait qu’une ringardise, voire un archaïsme ?

Le Président a probablement compris ce qu’est la profonde blessure de nombre de catholiques : « Le lien entre l’Église et l’État s’est abimé, il nous incombe de le réparer. » On était en avril 2018, et il s’exprimait devant les évêques de France, au Collège des Bernardins à Paris.

Mais le « en même temps » progressiste est là ! Compliqué tout çà …


Iconographie : un musicien, jouant devant la Cathédrale de Strasbourg © Jakub Arbet 


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