Mais qu’est-ce qui a cloché ?

Malgré le froid et l’heure tardive, je suis ressorti ce soir me promener dans Berlin-Est. Pour une raison que j’ignore, c’est la première fois de ma vie aujourd’hui que j’ai la chance de découvrir cette ville ! Je ne voulais absolument pas rater ça !

Comme il se faisait tard, j’ai pris un taxi pour retourner à mon hôtel. Le chauffeur de taxi m’a pris à la porte de Brandebourg, et pour 12,30 euros, m’a ramené à mon hôtel, situé dans Berlin-Ouest.

Le trajet n’était pas si long, mais le gars a trouvé le temps de me parler un peu de son histoire personnelle : en 1985, à 22 ans, il avait déménagé de Bielfelde, une ville allemande située entre Hanovre et Dortmund, pour aller à Berlin… parce que Berlin était «hype» m’a-t-il dit, «avec une atmosphère incroyable» , et il a ajouté : «spéciale».

Comme dans un flash-back, son discours me ramena à l’année 1989 :

J’allais sur mes trente ans, mais je me souviens absolument de tout : la vague de réfugiés quittant l’Allemagne de l’Est pour l’Occident, passant par la Tchécoslovaquie pour rejoindre la Hongrie, ou via l’ambassade d’Allemagne de l’ouest à Prague; le politburo dirigé par Krenz, qui avait décidé un 9 novembre de permettre aux réfugiés de sortir directement via les points de passage entre l’Allemagne de l’est et l’Allemagne de l’ouest; Günter Schabowski, le patron du parti à Berlin-Est et le porte-parole du SED Politburo organisant une conférence de presse le même jour et déclarant, après quelques secondes d’hésitation, que le nouveau règlement devrait probablement «prendre effet immédiatement, sans délai»…

C’était quelques semaines après la naissance de notre deuxième fille, et mes parents avaient décidé de nous rendre visite pour un long week-end.

Les jours suivants, toutes les chaînes de télévision faisaient leur «Edition Spéciale», et nous regardions à longueur de journée les événements exceptionnels qui avaient lieu au même moment à Berlin.

Quand Rostropovitch a commencé à jouer du violoncelle juste sous le mur de Berlin, j’ai vu mon père pleurer. Pour la première fois, et la dernière d’ailleurs étant donné qu’il a eu son accident quelques semaines plus tard.

Qu’est-ce qui a cloché depuis en Europe ?

Comment avons-nous généré de tels fossoyeurs ? Jose Manuel Barroso, Nigel Farage ou Viktor Orban pour n’en nommer que quelques-uns …

Ce soir, le chauffeur de taxi m’a dit : « notre histoire européenne commune est devenue une tragédie». Mais, ayant probablement gardé quelques onces d’optimisme de ses années « hype », il a ajouté: «nous avons besoin d’écrire une nouvelle histoire».

Il y a plus de 50 ans, ici à Berlin, J. F Kennedy prononça son fameux discours «Ich bin ein Berliner».

Pour être tout à fait précis, il a dit cela : «il y a mille ans, la plus grande fierté a été de pouvoir dire Civis Romanus sum. Aujourd’hui, dans un monde de liberté, la fierté la plus grande est de pouvoir déclarer Ich bin ein Berliner. »

Citoyenneté : tout est là ! Sommes-nous capables de reconstruire une réelle «citoyenneté européenne»?

Comme indiqué dans les citations que j’espère inspirantes mentionnées sur mon profil LinkedIn : «nous sommes libres de changer le monde et d’y faire quelque chose de neuf» (Hannah Arendt)

Et si on commençait par l’Europe ? A moins que quelqu’un ait une meilleure idée ?


Iconographie : Mstislav Rostropovitch 11 Novembre 1989, Mur de Berlin. Succo / Action Press / Visual Press. Post publié à l’origine en anglais sur LinkedIn.


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