N’est pas Vercors qui veut

A l’entrée de la route qui mène à notre refuge dauphinois, le petit calvaire est maintenant flambant neuf, qui honore Jean d’Ovidio, « mort pour la France » le 29 août 1944 à raison de sa participation au groupe de Moirans, dans le maquis de Chartreuse.

Plus près de là, de nombreux mémoriaux témoignent de ce que fut la violence de l’époque dans le massif du Vercors.

Ce petit coin du Dauphiné a en fait une longue familiarité avec la résistance à l’oppression depuis qu’en 1349, fut signé dans la demeure du dauphin, le « traité de Romans » rattachant la province du Dauphiné à la France.

C’est de cette tradition ancienne que se réclame ici le mouvement de contestation né de l’injonction à la vaccination via la mise en place du passe sanitaire.

Comme chaque samedi, quelques centaines de ces nouveaux « résistants » battront dans quelques jours le pavé de Valence pour dénoncer la dictature dans laquelle ils vivent. Parmi eux, des amis très chers …

C’est une imposture !

Avant de devenir le théatre des évènements que l’on sait, le nom de Vercors fut pris comme pseudonyme par Jean Bruller lorsque, mobilisé dans le village mitoyen de Mours-Saint-Eusèbe, il entra dans la résistance.

À l’automne 1941, « Vercors » fonda avec Pierre de Lescure les Éditions de Minuit, maison d’édition clandestine. Il y publia sa nouvelle Le Silence de la mer le 20 février 1942. Il participa également au Comité national des écrivains (CNE) et au Mouvement de la paix.

Il fit partie de la Commission d’épuration de l’édition, mais en démissionna en raison de l’inégalité des sanctions à l’encontre des écrivains, collaborateurs avec l’Allemagne nazie, et à l’encontre de leurs éditeurs, jamais pénalisés.

Il refusa dans le même temps de participer à l’établissement d’une « liste noire » et renvoya les auteurs au jugement de leur conscience.

N’est pas Vercors qui veut !

Biberonnés aux Fake news de Facebook et Twitter, nos « résistants » de 2021 ne courent guère d’autres risques que de finir sur un lit de réanimation, aux frais de l’assurance santé.

Leurs amertumes, leur révolte, leur sentiment de n’être pas entendus viennent de loin. Elles sont largement respectables.

Mais s’agissant de la vaccination, leur égoïsme, leur individualisme sont une injure à la mémoire de leurs anciens.

Voilà, c’est dit !


Iconographie : calvaire en mémoire de Jean d’Ovidio, résistant du maquis de Chartreuse, Drôme, France (collection personnelle)


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