Transparence

Nous nous apprêtons à vivre en Europe une récession centennale, avec une baisse de la production de l’ordre de 10 à 15% sur 2020. Cette situation tout à fait hors du commun va impliquer que, avant même le  jour d’après, toutes les parties prenantes parviennent à se mettre autour de la table, pour le bien commun.

Les « parties prenantes », ce sont traditionnellement les entreprises, les organisations syndicales, les consommateurs, les ONGs. Et puisqu’on a redécouvert récemment que notre destin devait s’insérer dans le monde vivant, il faut y ajouter aujourd’hui les scientifiques, tant pis si ça ne plait pas à tout le monde …

Tous ces acteurs doivent avoir voix au chapitre, et pouvoir exposer la vision qu’ils ont de la reconstruction à venir, de sorte d’éclairer le politique dans sa définition de ce qu’est l’intérêt général. Ils peuvent le faire selon leurs traditions propres, distinctes d’un type d’acteurs à un autre, mais ils doivent le faire en toute transparence.

« Transparence » : le mot est lâché !

Les médias, Le Monde en particulier, se sont fait l’écho d’initiatives récentes, en la forme de courriers essentiellement, de l’AFEP, du Medef et de France Industrie, poussant le gouvernement et Bruxelles à « revoir leur réglementation dans plusieurs domaines, comme la réduction des émissions de gaz à effet de serre ».

Que le « patronat » (en réalité la voix des entreprises) souhaite tenir compte du contexte actuel pour aménager des calendriers de discussion n’est en soi pas un drame. Si au passage, il s’efforce de remettre en cause des législations découlant des engagements pris par la France en matière de changement climatique, d’environnement ou d’économie circulaire, cela mérite d’en débattre.

Mais pour ce faire, il serait utile d’avoir accès aux pièces du dossier que constituent les courriers incriminés.

Or, dans leur grande intelligence des situations, les groupes d’intérêts incriminés préfèrent ne pas les rendre publiques. Du coup, avec une honnêteté intellectuelle dont on pourrait discuter, les médias les commentent à leur façon.

Les amis, ce n’est pas comme cela qu’on va y arriver !

Pendant près de six ans, j’ai été responsable des Affaires Publiques – le mot politiquement correct pour désigner le lobbying – d’une grande entreprise du CAC 40. A trois reprises, mon équipe a été honorée des « Trophées du Droit », une compétition sympathique organisée par la revue Décideurs, pour ses efforts en matière de transparence.

CE N’EST PAS TRES SORCIER :

  • ON DIT CE QU’ON PENSE, PUBLIQUEMENT;
  • ON L’ARGUMENTE, PUBLIQUEMENT;
  • PUIS ON EN DEBAT, PUBLIQUEMENT.

Et après, les décideurs publics tranchent dans le sens de l’intérêt général.

Camus fait dire au Docteur Rieux, dans La Peste, « La bêtise insiste toujours ». On peut tous essayer d’être intelligents ?


Iconographie : Le tricheur à l’as de trèfle, Georges de La Tour, vers 1630-1634, Huile sur toile, 98 x 156 cm © Forth Worth, Kimbell Art Museum


« Think before you print ! »
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