Vous chantiez ? J’en suis fort aise.

L’artiste, originaire du Tamil Nadu, un Etat du sud de l’Inde a intitulé sa photographie « ne gâchez pas la nourriture ». Mais je trouvais la photo de nature à illustrer joliment une chronique sur la biodiversité …

Ensuite, elle m’a donné le titre !

L’année 2020 devait être la grande année de la biodiversité, marquée en particulier par deux évènements institutionnels majeurs : la COP 15 (Conférence des Parties à la Convention sur la biodiversité) à Kunming en Chine et le Congrès Mondial de la nature à Marseille en France. Ces deux événements devraient finalement se tenir en mai et septembre de cette année respectivement.

Alors, 2020 année blanche ? Certainement pas !

D’abord, elle restera l’année d’une prise de conscience : on comprend mieux aujourd’hui que plus un écosystème est pauvre en biodiversité, plus il est possible pour un agent pathogène de se propager rapidement ou de dominer. Et de fait, il semble admis que la déforestation, l’empiètement sur les habitats de la faune sauvage, l’intensification de l’agriculture et l’accélération des changements climatiques, créent des conditions qui permettent à des agents pathogènes particuliers, notamment les coronavirus, de se propager.

C’est ainsi que dans un rapport de 2016, le programme des Nations Unies pour l’environnement, indiquait qu’environ 75 % de toutes les maladies infectieuses émergentes chez l’être humain sont zoonotiques, c’est-à-dire d’origine animale.

Et aujourd’hui, on sait ce que notre paresse à traiter du sujet nous coûte.

Ensuite, parce que nombre d’initiatives se sont mises en place ou poursuivies pour aider les entreprises et organisations similaires à intégrer ces enjeux de biodiversité dans leur stratégie.

C’est ainsi qu’après un an de travail de sa commission « Biodiversité », l’Afnor a publié il y a quelques jours la norme dite « NF X 32-001 ». Le nom ne fait pas rêver mais il ne faut pas rester sur une première impression !…

Approuvée par un collectif de 30 organisations, cette nouvelle norme entend donner une méthode pour aider les entreprises à intégrer la biodiversité dans leurs activités.

Le document définit « une méthodologie de prise en compte systématique des enjeux de biodiversité, d’analyse d’impacts, d’établissement de stratégies d’action et de suivi pour une organisation et ses activités, intégrant les différentes étapes de sa chaîne de valeur, en amont, in situ et en aval, en adoptant une approche ouverte et holistique », indique l’Afnor.

Il s’adresse aux organisations de toutes tailles, secteurs et niveaux de maturité. Ces étapes comprennent la définition du contexte de l’organisation, la définition d’un plan d’action puis la mise en œuvre de la démarche.

Initiative locale ? Pas du tout !

Depuis juillet 2020, l’Afnor anime un groupe de travail international pour établir une norme internationale (ISO) allant dans le même sens.

Vingt premiers pays, représentant tous les continents, ont déjà signalé leur volonté de participer à la rédaction de normes volontaires internationales. Acteurs publics et privés, chercheurs et représentants d’ONG, se réuniront pour élaborer des méthodes et des cadres de référence qui permettront de renforcer l’action de tous en faveur de la protection de la biodiversité.

Le projet engagé au sein de l’ISO sera mené avec l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Il permettra de valoriser les réussites en matière de préservation de la biodiversité via un partage d’expériences sur des cas concrets.

La première réunion de travail se tiendra fin 2020. Alternant discussions à l’échelle nationale et internationale, le comité technique présentera ses premières normes à l’horizon 2023.

Mettons-nous tous au travail avec eux : il y a urgence !


Iconographie : « Don’t waste food », Tamil Nadu, Inde © Novi Raj 


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