« We Europeans »

Les élections européennes se tiendront du 23 au 26 mai prochain … autant dire demain !

Au delà des revendications sociales qu’il a exprimé à ses débuts, le mouvement des Gilets Jaunes en France, a fait naître bien des interrogations sur la capacité de notre démocratie représentative à répondre aux attentes de nos concitoyens.

Convenons ensemble que ces interrogations sont plus fortes encore lorsqu’on passe au niveau de l’Union Européenne, perçue à tort ou à raison comme « bureaucratique » (un mot français qui a fait florès dans toutes les langues) et lointaine.

A l’ère des réseaux sociaux, et sauf à accepter la revendication furieuse d’une démocratie directe et instantanée, il faut bien sûr relégitimer la démocratie représentative. C’est pourquoi ces élections européennes sont si importantes.

Mais il faut certainement la compléter d’une démocratie délibérative encadrée. Car si la sortie de la crise passera par une légitimité retrouvée au vote, elle devra trouver aussi une expression et une participation entre deux votes. 

C’est le sens du Grand Débat National lancé par le Président Macron en France.

Au niveau européen, et sous une forme plus « digitale », une initiative parallèle a été lancée par deux organisations :.

  • la première, Civico Europa, est une association à but non lucratif, indépendante et transnationale dont la « promesse » est de permettre la réappropriation du projet européen par les citoyens de l’UE ;
  • la seconde, Make.org, est une plateforme citoyenne dont la mission est d’engager les citoyens et la société civile dans la transformation positive de la société.

Leur initiative s ‘appelle We Europeans, et se définit comme une « campagne civique et non-partisane de mobilisation et de réappropriation du projet européen par les citoyens de tous les pays de l’Union Européenne »

La forme choisie est très « CivicTech » (abréviation de civic technology, ou technologie civique). On désigne par ce mot l’usage de la technologie dans le but de renforcer le lien démocratique entre les citoyens et le gouvernement. Cela englobe toute technologie permettant d’accroître le pouvoir des citoyens sur la vie politique, mais aussi de rendre le gouvernement plus accessible, efficient et efficace.

Chaque Européen et Européenne aura la possibilité d’y participer en répondant à la question « Comment réinventer l’Europe concrètement ? » et en votant pour les propositions qu’il / elle juge les plus pertinentes. Des consultations populaires simultanées auront lieu dans chaque pays européen, puis un vote de tous les citoyens européens sera organisé sur les propositions les plus appréciées de la première étape.

Le 22 mars 2019, à l’issue de cette consultation, les propositions plébiscitées par tous les Européens seront présentées dans l’enceinte du Parlement Européen sous la forme d’un Agenda Citoyen lors d’un Congrès des Européens. Les dirigeants politiques, tous les candidats aux élections européennes ainsi que les chefs d’Etat et de gouvernement seront invités à y répondre aux préoccupations communes de leurs concitoyens.

Yascha Mounk, le disait récemment : « Pendant longtemps, les institutions représentatives ont été considérées comme les plus à même de traduire la volonté des citoyens. Mais depuis qu’Internet a permis la généralisation de la pratique directe du vote, le fantasme d’une agora digitale, d’une e-démocratie, vient de plus en plus les concurrencer et les contester ».

On peut bien sûr moquer ce type d’initiative.

Pourtant, si l’ « Agora digitale » permet à nos responsables publics de répondre à des citoyens plutôt qu’à des followers, on aura fait un grand pas !


Iconographie : un jeune homme sur son smartphone, Agora d’Athènes, 24 avril 2017 (collection personnelle)


 

Iconographie: un jeune visiteur de l’Agora d’Athènes, 24 Avril 2017, collection personnelle.

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