Allez, on en parle ?

Depuis plusieurs années, je passe l’été dans la Drôme dauphinoise. Et chaque été, j’invite mon frère ainé, ardéchois l’été, pour une traditionnelle côte de boeuf au barbecue, accompagnée d’un peu de liquide en provenance de la cave de Tain (Saint-Joseph, Crozes…).

Je l’achète chez le boucher du village, qui sait d’où vient sa viande, Aubrac, Limousin …. Je pense qu’en insistant un peu, on pourrait connaître le nom des bêtes … mais je reconnais n’avoir jamais cherché à entrer dans cette intimité là !

Mon frère ainé m’a fait le sale coup cette année de tirer sa révérence. Mais cette côte de boeuf estivale lui restera d’une certaine façon attachée. Je la réserverai dorénavant à ceux qui me sont si chers, enfants ou neveux et nièces …

Pendant l’année, je pense manger de la viande environ deux fois par semaine, avec une prédilection pour la volaille (l’hiver n’est pas fini : essayez donc une pintade en pot-au-feu !).

Je conviens que le débat autour de la consommation de viande peut paraître accessoire par rapport aux questions du moment.

Il est pourtant essentiel quant à la vision que nous avons de notre façon de « vivre ensemble », pour reprendre une expression un peu galvaudée.

  • Philosophiquement, il pose la question fondamentale de la place de l’homme au sein du monde vivant. Et de sa propension à assurer sa prédation sur le vivant depuis plus de deux siècles.
  • Les rapports du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ) ont montré le poids de la consommation de viande dans l’empreinte carbone et donc dans le réchauffement climatique. 
  • On sait aussi qu’un décès sur cinq dans le monde en 2017, soit 11 millions, est lié à une mauvaise alimentation, avec une surconsommation de sel, de sucre ou de viande et des apports insuffisants en céréales complètes et en fruits,.  La COVID n’a qu’à bien se tenir !

Le sujet est donc un beau sujet, qui mérite mieux que le débat auquel on assiste en France, suite à la décision controversée du maire de Lyon, de proposer dans les cantines scolaires un « menu unique sans viande pour pouvoir servir plus rapidement les élèves et fluidifier les repas ».

Comme catholique, l’idée que le temps du carême aide les uns et les autres – y compris nos enfants – à revenir à une certaine frugalité ne me choque guère … même si je ne suis pas sûr que tel était l’objectif !

Mais comme si souvent, il n’y a ni pédagogie, ni sens de la mesure.

La viande à bas prix, nourrie au soja brésilien cultivé sur les espaces gagnés sur la forêt est une chose. Celle qui a brouté nos paysages, en Salers, dans le Charolais, en Aquitaine, a un impact carbone qui a peu de choses à voir avec la précédente. Et elle contribue à tout un éco-système et, osons le dire, à une forme de dialogue entre le monde rural et le monde urbain.

La ville de Rouen, qui utilisait déjà 30% de bio et 30% de produits locaux pour ses menus scolaires, offre depuis la rentrée 2019, le choix quotidien d’un menu sans viande dans ses cantines à tous les enfants qui le souhaitent. Je ne sais même pas quelle est la couleur politique du maire. Et je m’en moque.

On ne pourrait pas se mettre d’accord tranquillement ? Pas forcément autour d’une côte de boeuf si çà vous pose un problème !… Sinon, le Crozes, çà vous va je suppose ?


Iconographie : « Clásico vacío de todos los domingos, el mejor asado lo hace mi viejo. », La Reja, Argentina © José Ignacio Pompé


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One Comment on “Allez, on en parle ?”

  1. Je te suis Laurent sur cette approche qui évite les arguments saignants…
    Et sur le Crozes aussi…avec une préférence pour le SaintJoseph…

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