Et maintenant, débattre

Chers amis,

Quelles que soient vos convictions et engagements, je vous souhaite à toutes et tous un Joyeux Noël.

A l’occasion de la crise dite des « Gilets Jaunes », avec toute la prudence que requiert ici en France notre attachement commun à la laïcité, des catholiques s’engagent dans le débat public.

Je participais ainsi hier soir à une rencontre « participons au débat national » , organisée sous l’égide de l’évêque du Val d’Oise, là où j’habite. Un dialogue passionnant et très utile avec une assistance nombreuse, profondément bousculée par les évènements récents.

S’il vous est accordé quelques jours de répit à l’occasion des fêtes, prenez le temps de revenir sur un texte publié en octobre 2016 chez Bayard, et accessible sur le site de la Conférence des évêques de France (CEF) intitulé « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ».

Les dix membres du conseil permanent de la CEF s’y adressent non pas aux seuls catholiques, mais à l’ensemble de la population.

Ils y décrivent un pays sorti en piteux état des mutations de tous ordres des dernières décennies, au point d’en conclure que « ce qui fonde la vie en société est remis en cause » aujourd’hui. « Le contrat social, le contrat républicain permettant de vivre ensemble sur le territoire national, ne semble donc plus aller de soi », résument les évêques. Il faut aujourd’hui le « redéfinir ».

Les prélats qui, notamment grâce au tissu associatif catholique, ont une large perception des réalités sociales, constatent les ravages politiques des situations d’exclusion et de précarité, mais aussi de la marginalisation économique des jeunes, notamment à cause d’un avenir devenu pour beaucoup « indéchiffrable ».

« Dans toutes ces situations, les valeurs républicaines de “liberté, égalité, fraternité”, souvent brandies de manière incantatoire, semblent sonner creux pour beaucoup de nos contemporains sur le sol national. »

Elargissant sa réflexion à la nation, aux identités, à la citoyenneté, Il constate que « l’idée d’une nation homogène, construction politique constituée souvent à marche forcée, en centralisant et unifiant de manière autoritaire » et qui « impliquait que les particularités communautaires et surtout religieuses ne soient pas mises en avant » a été « bousculée par la mondialisation ».

Les premiers responsables de cette déliquescence, bien antérieure à l’élection d’Emmanuel Macron, seraient les gouvernants : paroles non tenues, discours gestionnaires, manœuvres, calculs et surtout « absence de projet ou de vision à long terme » sont mis en avant sans pitié et sont jugés « injustifiables » et « insupportables ».

Tout ceci explique l’ampleur du mouvement qu’on a pu observer en France ces dernières semaines et auquel le « Grand Débat National » va devoir apporter des pistes de réponses.

Le 9 avril dernier, lors d’une intervention aux Bernardins devant les évêques de France, le Président Macron invitait les catholiques à réinvestir la « scène politique, nationale comme européenne », et à y apporter leur « vision propre » .

Alors relisez ce texte de la CEF … « prophétique », c’est le cas de le dire !


Iconographie : de Horace Vernet, la Paix, motif central du plafond de la salle des Pas-Perdus du palais Bourbon, Paris © Assemblée Nationale


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