La Peste

C’était le 13 janvier dernier, à une heure de grande écoute, alors que des millions de personnes regardaient la télévision : Pawel Adamowicz, maire de Gdansk, un conservateur éclairé pour faire court, poignardé en plein cœur par un jeune homme de 27 ans, libéré de prison quelques mois auparavant.

J’ai repensé à Jo Cox, la jeune députée travailliste, assassinée dans des circonstances au fond assez comparables le 16 juin 2016, à quelques jours du référendum du Brexit.

Dans les deux cas, des extrémistes bas de plafond, des exhibitionnistes de la violence, manipulés par des politiciens sans scrupules qui ont érigé le mensonge systématique en stratégie politique. Nous avons les mêmes en France, et tant pis si vous voyez à qui je pense…

En février 1955, Roland Barthes rédigeait un article sur le roman d’Albert Camus La Peste où il qualifiait la référence au contexte de la Seconde Guerre mondiale comme un « malentendu ». Camus lui répondit dans une lettre ouverte en ces termes : « La Peste, dont j’ai voulu qu’elle se lise sur plusieurs portées, a cependant comme contenu évident la lutte de la résistance européenne contre le nazisme. La preuve en est que cet ennemi qui n’est pas nommé, tout le monde l’a reconnu, et dans tous les pays d’Europe … »

La Peste éternise ces jours de ténèbres, cette « passion collective » d’une Europe en folie, détournée comme Oran de la mer et de sa mesure.

La peste ! Nous y sommes …

Inventons dans un dialogue sans relâche les outils qui démasqueront les menteurs rouges et bruns.


Iconographie : funérailles de Paweł Adamowicz le 19 janvier à Poznan, Pologne © Piotr Skornicki / Reuters


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