Si les juifs partent

Il y a 74 ans, le 27 janvier 1945, les forces alliées libéraient le camp d’extermination d’Auschwitz‑Birkenau.

C’est pourquoi l’Allemagne et la Pologne ont choisi ce jour de l’année pour honorer les victimes du national-socialisme, l’Italie y ajoutant les victimes du fascisme. Depuis 2001, le Royaume-Uni a fait de ce jour le « Holocaust Memorial Day ».

Le 18 octobre 2002, les ministres européens de l’éducation réunis à Strasbourg au Conseil de l’Europe ont adopté à l’unanimité la Déclaration instituant la journée de la mémoire de l’Holocauste et de la prévention des crimes contre l’humanité dans les établissements scolaires des États membres. Et le 1er novembre 2005, la Résolution 60/7 de l’ONU a décidé d’en faire la Journée Internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste.

Le Conseil de l’Europe pose bien l’ambition éducative de cette journée qui « n’a pas pour but de perpétuer la mémoire de l’horreur, mais d’apprendre aux élèves à être vigilants, à défendre les valeurs démocratiques et à combattre l’intolérance”.

Il y a beaucoup à faire en la matière, et dans nombre de domaines. Mais l’antisémitisme est très symptomatique du mal qui ronge nos démocraties.

La Commission européenne a publié il y a quelques jours une enquête sur la perception de l’antisémitisme dans l’UE. La moitié des Européens estiment que l’antisémitisme est un problème dans leur pays, selon cet Eurobaromètre basé sur des entretiens avec plus de 27.000 personnes dans les 28 pays de l’UE.

Ces constats ont été présentés mardi dans l’enceinte du Musée juif de Bruxelles, au moment même où débute le procès de Mehdi Nemmouche, principal suspect de l’attaque qui s’est produite dans ce même lieu en 2014.

La négation de l’Holocauste est considérée comme la principale manifestation de l’antisémitisme, dans cette étude dont l’élément marquant est de mettre au jour un décalage sensible de perception entre la population en général et la communauté juive. En fait, 89% des Juifs européens (contre 36% de Européens dans leur ensemble) estiment ainsi que l’antisémitisme s’est accru dans leur pays lors des cinq dernières années.

« Quatre juifs sur 10 pensent à quitter l’Europe », a déploré de son côté la commissaire chargée de la Justice Vera Jourova, à l’occasion d’une visite au Musée juif de Bruxelles, ajoutant : « Quand les juifs ont quitté l’Europe dans le passé, cela n’a jamais été un bon signe de l’état de l’Europe ».

Mme Jourova a annoncé qu’elle souhaitait la création d’un « groupe de travail » d’experts européens pour assurer la mise en oeuvre d’une « Déclaration sur l’antisémitisme », un document récemment signé à l’unanimité par les 28, où ils s’engagent à intensifier la lutte contre l’antisémitisme.

Ce sont les valeurs de l’Europe qui sont en jeu.


Iconographie : la « nouvelle synagogue » de la rue Oranienburger, à Berlin, qui malgré son nom, date de la deuxième moitié du XIXème siècle © Centrum Judaicum, Foto: Jana Blechschmid


 

 

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