Princesses

Dalila Dalléas Bouzar est une artiste algérienne née en 1974 à Oran, également connue sous le pseudonyme de Louzla Darabi, utilisé pendant quelques années.

Ses œuvres sont exposées régulièrement, notamment en France, en Algérie, et en Allemagne.

Au musée de la culture mondiale de Göteborg, en Suède, en 2005, une de ses peintures, Scène d’amour, présentée dans le cadre de l’exposition No Name Fever, fut retirée sous la pression de menaces intégristes.

Elle a participé également à des expositions internationales comme la Biennale de Dakar en 2010 et en 2016.

Sans très bien savoir pourquoi, je nourris une relation étrange avec son Pays.

Je n’y suis jamais allé en vérité.

Tout me poussait à m’intéresser plutôt au Maroc, d’ailleurs visité à plusieurs reprises : mon arrière-grand-père, puis mon grand-père y avaient servi comme officiers, le premier sous Lyautey, le second entre le deux guerres mondiales, avec la mission de cartographier le pays. En dépit des mal-au-cœur que pouvait lui causer le pas chaloupé des dromadaires…

L’Algérie, c’est différent. Mon beau-père y a été à son tour officier. Mais de ce service-là, il est moins facile – peut-être est-ce injuste mais c’est ainsi – de s’honorer…

Après, il y a eu pour moi la découverte de Camus !

Et un jour d’hiver, il y a peu, l’Algérie et une éducation à Alger …

Alors, comme le Petit Poucet, j’égrène mes petits cailloux : Le Premier Homme, Karnak Café, Femmes d’Alger

Quand irai-je là-bas ? Découvrir ce Pays que j’aime sans le connaître en réalité ?…

« Apprendre à dessiner, c’est apprendre à voir », dit Dalila Dalléas Bouzarelle. 

L’album Algérie année 0 (2012), réflexion sur la place de la violence dans l’histoire du pays, en témoigne : s’appuyant sur des archives photographiques de la guerre, l’artiste souligne tel trait, efface tel autre, introduit des taches de couleur ici et là, acrylique jaune, rose, orange aussi …

Et par le dessin, l’histoire s’élabore.

En 2017, elle s’est vu – je ne sais comment on doit accorder le verbe, dans cette étrange période où le genre est si difficile à accorder – décerner le prix L’art est vivant lors du Art Paris Art Fair, au Grand Palais à Paris pour cette « série des Princesses ».

Inspirée de photographies, photos d’identité faites par Marc Garanger pour le compte de l’armée française dans les villages de regroupements, ces portraits contraints de femmes, obligées de poser dévoilées, touchent à l’absolu de l’intime !

A découvrir, absolument !


Iconographie : Princesse, huile sur toile, 2015-16, vue de l’exposition à la Dak’art, Sénégal ©: Dalila Dalléas Bouzar


« Think before you print ! »
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